Un jour, un catcheur : Guillaume Apalénair

Aujourd’hui: 

Guillaume Apalénair

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À sa naissance Guillaume ne cria pas, il bailla.

Ce curieux geste étonna sa famille et fit rire les sage-femmes, personne ne sut considérer la portée de l’événement, c’est donc dans la banalité la plus anonyme des naissances cliniques que sonna le nonchalant réveil de l’extraordinaire ronfleur.

Apalénair ne se révéla pas tout de suite et mis du temps à considérer son potentiel hors-norme. Victime de sommeils inopportuns, il vécut une enfance chahutée par la honte et les huées.

Balbutiements et bulle d’espoir

 À 5 ans, il disparaît, sa mère l’appelle, pas de réponse. Après 3 heures de recherche, Guillaume est retrouvé ronflant sur la cuvette des toilettes, les fesses dans l’eau et les pieds en l’air.

 À 8 ans, sur un banc de l’école primaire, Guillaume mange une sucette avec ses copains, s’assoupit et se la coince dans la narine gauche. Pendant 3 mois, à toutes les récréations, ses camarades se succèdent pour lui demander des « sucettes à la crotte de nez ». Il songe à l’exil.

 À 14 ans, il s’endort dans une auto-tamponneuse, et se réveille dans une caravane. C’est l’incident de trop, Guillaume n’arrive plus à démêler le rêve du réel. Perdu, fatigué, impuissant, il décide de tenter le tout pour le tout : persuadé que l’ombre maligne de ses cavités nasales l’a hypnotisé lors d’un sommeil paradoxal, il consulte un spécialiste de la guérison ésotérique, alchimiste émérite : Umberto KO. Résultat : 3 mois de Coma, 15 heures de chirurgie réparatrice.

 Plus tard il racontera qu’avec l’expérience du coma il a rencontré son identité profonde : Ronfleur. Il y vouera sa vie.

 La réalité est un rêve en gestation

À sa majorité, il part en Colombie-Britannique et entre en contact, par les voies du ronflement, avec une famille de marsouin , il noue de réels liens de fraternité.

En 2003, à la suite de cette expérience fulgurante, il publie un recueil de poèmes « Cochons de clair de mer », qui lui vaut un succès critique et public, il déclare : « Mon ronflement est enfin devenu chant ! ».

 Mais le succès est avare. Guillaume, pour vivre, parcourt le globe des côtes pacifiques à la Mer du Nord, jouant de ses ronflements, exhibant ses somnolences et la puissance de son rêve. A Djakarta, une tortue devient toupie devant la foule ébahie, à Vancouver, une murène se noue, à Manille, un paresseux descend de son arbre, et comme si ce n’était pas assez, se met à danser la Polka.

Guillaume ne contredit pas la nature il la révèle.

 En 2012, assoiffé de repos, il passe l’hiver dans la bouche d’une baleine et ausculte, par les voies des rêves, les grandes profondeurs. Au sortir de son hibernation, il écrit, la plume encore mouillée, le Manifeste du ronflement, dont voici un extrait :

  » Ronfler est plus qu’une nature, c’est une identité.

Ronfler c’est assumer ses origines bestiales, c’est faire chanter ses organes, c’est tranquilliser le corps aux explorations de l’esprit.

Ronfler c’est la démesure des décérébrés, le sourire des insensés.

Ronfler c’est accepter le chuintement des spectres, c’est appeler les anges avec le patois des baleines, c’est offrir aux chats une Terra Incognita.

Ronfler est le râle de l’Ogre qui dévore les larmes, c’est le sifflement du serpent qui, absurde, souffle sur les poudroiements de l’âme.

Ronfler c’est accepter la métamorphose des songes »

Citation :  » Je ne dors pas, je médite sur les origines du sommeil « 

Plat préféré : un émincé de paupières obèses.

Son hymne : J’aime mon lit / Kad

Pouvoirs :

1- Le personnage principal de l’adversaire tombe dans le coma

2- L’adversaire doit inclure dans son texte une allitération en R et en F

3- L’adversaire doit inclure dans son texte les mots : Somnifère, Doc Gynéco, narcolepsie et Ouagadougou