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Un jour, un Catcheur: Frank Killer

Franck grandit dans un orphelinat des bas quartiers de New Méga York .Un quartier dur et sans pitié, tristement nommé « Hell’s Bathroom ». Il aurait pu mal tourner, entraîné par les bandes de «  Bad Pen » qui s’affrontaient grossièrement et sans répit à coup Paint Ball. Mais l’homme d’entretien de l’orphelinat, un maître Shaolin du pinceau du nom de Print, avait remarqué son coup de crayon prometteur, et le prit sous son aile protectrice. La reconnaissance de cet artiste hors normes donna des ailes à Franck. Sauvé par l’enseignement graphique et spirituel du maître, il s’éloigna des « Bad Pen » et se consacra ensuite à un métier noble et altruiste : secourir son prochain en péril en tant que réparateur de baignoires, travail qui ne manquait pas à Hell’s Bathroom.

Mais ça, c’était pendant la journée. La nuit, il assistait aux joutes secrètes des yakuzas de l’estampe où son mentor, Print, se distinguait par de grandes victoires. Les confrontations des divers styles le fascinaient, et la dextérité de son Maître, plus encore. Mais il fallut que le destin se mêle de salir ce tableau harmonieux, et frappe Franck d’une double tragédie :   Alors qu’il sauvait une retraitée d’une remontée d’égout dans sa baignoire, Franck fut atteint dans les yeux par un jet d’encre à estampe radioactif qui s’était amassée dans les égouts. Il fut aveuglé.

L’autre drame fut pire encore : Les Yakuzas de l’estampe, lassés des victoires de Print, lui imposèrent de jeter le pinceau à son prochain combat. Print refusa ce déshonneur et subit une lâche agression de Paint Ball orchestrée par une bande de Bad Pen à la solde des yakuzas (de l’estampe).

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais Franck, à la fois impuissant à venger son maître et dominé   par la rage de rendre un dernier hommage à ses enseignements, tenta à l’aveugle un ultime coup de crayon pour dessiner la tête à toto… Et là, dans cet ultime effort, et bien que son dessin fut des plus catastrophiquement désastreux, il put voir à nouveau…Etait-ce un miracle ou une réaction chimique due à l’absorption oculaire de la radio activité de l’encre à estampe ? Il ne le sut jamais.

Les profondes blessures causées par les indélébiles tâches de Paint Ball rendaient l’affront irréparable, et Print s’exila. La vie de Franck repris son cours malgré cette perte. Les baignoires succédant aux éviers. Un changement cependant le troublait : Il était pris d’une frénésie du crayon qui le menait dans tous les recoins de ses inspirations. …Rien de comparable avec ce qu’il avait pu gribouiller jusque-là. Il ne pouvait s’arrêter de charbonner, de chercher, de croquer, de découvrir .Il ne faisait plus qu’un avec tous les traits des joutes graphiques de sa jeunesse, sa main n’avait plus qu’ à obéir à son instinct, et tracer…C’était donc décidé : Les baignoires ne seraient désormais plus qu’une couverture lui permettant de vivre, et surtout de se payer ses fournitures   (sa propre baignoire d’ailleurs, restant en état pitoyable ).

Sa décision changea sa vie car au fond de lui-même , il connaissait l’ ultime dessein de son dessin : venger Print. Et Il serait sans pitié.

Depuis lors, bien décidé à rétablir l’honneur de son mentor et sauveur, il affûte ses crayons et s’entraîne dans l’ombre. Il s’attaque, sans peur, à tous les styles, et combat la terreur graphique par une terreur bien pire encore. Celle à qui, sous le masque, il a donné un nouveau nom : Frank Killer.