Une journée avec Umberto KO : un reportage-photo exclusif de FFCL Magazine.

La première rencontre de catch littéraire français de l’année 2014 approchait. J’avais été engagé par la Fédération pour aller interviewer Umberto KO, l’énigmatique catcheur au 6 quasi-victoires. La rumeur courait qu’il était allé se ressourcer dans ses terres méridionales, afin de préparer son futur combat dans les meilleurs conditions possibles. Contacté, son éditeur m’avait dit ne rien pouvoir affirmer sur la situation de son auteur qui, je cite : « a six mois de retard sur la livraison de son manuscrit ! Si vous le voyez, dîtes-lui bien que…» (j’arrête ici la citation, en raison des jeunes lecteurs qui pourraient nous lire). Des membres du Lavomatic m’avaient mis sur la piste d’un coin de garrigue quelque part dans le Languedoc ; j’y allais, le stylo en éveil et la truffe aux aguets. Mes sens d’enquêteur me permirent rapidement de remonter la piste du diable masqué, qui laissait bien malgré lui de subtiles traces de sa présence.

 indice2  (Un indice de la présence d’Umberto KO s’est glissé dans cette image. Le perspicace lecteur saura-t-il le retrouver ?)

masque 2 (Non ? bon, et maintenant ?)

 

 

Je finis par le confondre alors qu’il cherchait l’inspiration dans les décombres romantiques de rochers rongés par des eaux disparues. Après une course-poursuite effrénée et une pénible conversation, au cours de laquelle je dus le convaincre que je n’étais ni un agent du fisc ni un illuminatus, le Maestro finit par m’admettre à ses côtés pour deux trop courtes journées de discussions, de photographies et de déambulations parmi de grands monceaux de schistes ensoleillés, de bosquets de buis et de chênes verts.

inspiration

 (Umberto KO cherchant l’inspiration)

Interview :

FFCL Mag : Umberto, pourquoi portez-vous une cape avec capuche, au lieu de votre habituelle écharpe pourpre ?

Umberto KO : Pour rester incognito.

FFCLM : Évidemment. Une autre question, si vous me le permettez : comment envisagez-vous le match de samedi ? N’avez-vous pas peur de retrouver Mad Marx devant qui vous avez déjà dû vous incliner une première fois ?

UKO : Comme disait Sun Tzu,  » Entendre un coup de tonnerre ne prouve pas qu’on ait l’ouïe fine. »

FFCLM : Oui…euh…Pourriez-vous développer ?

UKO : comprendront ceux qui ont compris.

FFCLM : bien sûr, bien sûr. Passons à votre préparation, si vous le voulez bien : nos lecteurs connaissent bien les méthodes d’entraînement très physiques de Mike Tysane et de Gustave Flowdbière, quoique dans des registres très différents. Quelle est votre méthode, à vous ?

UKO : Oh, vous savez, je n’ai besoin de presque rien, je me repose beaucoup sur l’ascèse, les repas frugaux, les petits riens. Je suis en quelques sorte un artisan, je fabrique mon écriture, petit à petit, très simplement, avec à ma disposition seulement quelques livres et mon calame, dans ma cabane.

FFCLM : Peut-être avez-vous préparé quelques nouvelles bottes, chiasmes ou zeugmes spéciaux à asséner à vos adversaires pour ce retour sur le ring ?

UKO : Pourquoi ? Ce sont eux qui vous envoient, c’est ça ? Vous travaillez pour EUX, avouez !

calame2Le CalameXG3609A d’Umberto KO.

VillaL’hôtel La Cabane, où notre artiste a élu résidence.

Je finis par apaiser les craintes du catcheur et nous pûmes reprendre l’interview.

FFCLM : parlons de vos inspirations, je sais que vous êtes un grand lecteur. Que lisez-vous actuellement, pour vous préparer au catch.

Exemple de synesthésie selon Umberto Ko

cercle(Avant)

francmacon(Après)

UKO : Oh, vous savez, rien que de très classique : Borgès, la Bible, Lovecraft, la Grammaire pour les Nuls, et quelques autres ouvrages d’érudition qui m’inspirent et permettent de percer ces grands mystères poétiques de l’univers que Baudelaire appelait les « synesthésies. »

Le Maestro, le bec dans le vide, se met à déclamer dans une langue inconnue ce que je suppose être un poème de Baudelaire.

« Natura temploret ubi vivo pilarestu estere

Blablae blubluu somefugit exituus lassent ;

Homine o srou silvae sumboloôn vacuet

Qi materaret qom yogset voigilon orerot. »

FFCLM : C’est..très beau.

UKO : Oui, c’est de moi.

FFCLM : Ah ? Pas du tout de Bau…

UKO : Non.

FFCLM : Mais…quel est cette langue ?

UKO : quelle question ? Celle de Verum.

FFCLM : Ah oui, une langue latine semble-t-il.

UKO : C’est le latin qui est une langue de Verum.

FFCLM : nos lecteurs seront ravis de l’apprendre. Eh bien, merci Maestro pour cette riche entrevue ! Et je n’ai plus qu’à vous souhaiter bonne chance pour la rencontre à venir !

UKO : L’heure me regarde et je regarde l’heure.

Sur cette énigmatique parole, je laissai le catcheur se replonger dans ses lectures et se ressourcer en vue du match de samedi.

lecture Umbie(Une des nombreuses lectures érudites du Maestro)